Kevin2000MasterOfIdeas contre Alex Ier

Procès pour vol présumé d’idée perdue

 

Ô Kevin2000MasterOfIdeas, ô lecteur égaré, ô futur plaignant,

Tu es entré dans les Procès de l’Empire.

Ici, les accusations sont prises au sérieux.
Les accusateurs, un peu moins.

Aujourd’hui, pour une fois, Alex Ier n’accuse personne.

Il est accusé.

Ce qui, dans un Empire fondé par lui, constitue déjà un incident institutionnel.

1. L’idée envoyée

Un matin, dans les bureaux virtuels de LOST Édition — maison officielle des textes perdus, retrouvés et parfois regrettés — Alex Ier ouvrit sa boîte mail.

Un message clignotait.

Objet : IDÉE GÉNIALE — URGENT
Expéditeur : Kevin2000MasterOfIdeas@gmail.com

Alex hésita.

— Jul, quelqu’un m’envoie une idée géniale.

— Donc ce n’est probablement pas une idée géniale.

— Tu es dur.

— Je suis expérimenté.

Alex ouvrit.

Le message contenait une seule phrase :

Un héros, genre, un mec qui court avec des chaussettes magiques, mais genre, elles puent, et ça sauve le monde.

Silence.

Alex fixa l’écran.

Jul, derrière lui, plissa les yeux.

— Vous allez fermer ce mail.

— Attends.

— Non. Je connais ce regard.

— Il y a quelque chose.

— Il y a surtout “genre” deux fois.

— Justement. C’est fragile. C’est nul. C’est presque vivant.

— Sire.

— LOST Édition ne laisse pas mourir les idées perdues.

— LOST Édition ne signifie pas “tout ce qui est perdu vous appartient”.

— Pas encore.

— Jamais.

— Note : modifier les statuts.

Alex copia la phrase dans son carnet impérial. Il nota la date, le nom de Kevin, puis trois lignes :

Chaussettes = conscience.
Héros ridicule.
Morale : l’effort tient mieux que la magie.

Jul regarda la note.

— Vous allez le créditer ?

— Évidemment. Je suis un despote honnête.

— Formule inquiétante.

— Mais précise.

Le soir même, Alex commença une nouvelle.

Titre provisoire :

Les Chaussettes du Destin
Selon une idée initiale de Kevin2000MasterOfIdeas.

Jul soupira.

— Vous savez qu’il va mal comprendre.

— Il sera flatté.

— Il va se croire co-auteur.

— Mais il n’a pas écrit le texte.

— Voilà. Il va se croire co-auteur.

 

2. Le cadeau impérial

Deux jours plus tard, Kevin reçut un mail.

Objet : CADEAU — ton idée, sublimée
Pièce jointe : Les Chaussettes du Destin — une nouvelle de LOST Édition

La couverture était propre.
Le titre tenait droit.
Le nom de Kevin apparaissait en bas :

Selon une idée originale de Kevin2000MasterOfIdeas.

Kevin relut son pseudo.

Une fois.

Deux fois.

Sept fois.

Puis il modifia immédiatement sa bio :

Co-créateur d’univers. Consultant narratif. Fondateur du KevinVerse.

Le texte faisait vingt-deux pages.

Kevin lut.

Il rit.

Puis il se demanda s’il devait toucher de l’argent.

Ce fut le début du drame.

Il demanda conseil à une IA spécialisée.

Elle s’appelait JuridixIA.

JuridixIA répondit :

Ceci ne constitue pas un conseil juridique. Toutefois, si vous estimez que votre contribution intellectuelle a été exploitée sans compensation suffisante, vous pouvez envisager de consulter un professionnel qualifié afin d’étudier l’opportunité d’une mise en demeure.

Kevin ne retint que :

mise en demeure.

JuridixIA ajouta un modèle.

Kevin ne lut pas les précautions.

Il remplit les cases.

Puis il contacta Maître Gonzalez.

Maître Gonzalez se présentait comme avocat en stratégie contentieuse créative, expert en propriété conceptuelle, consultant en litiges narratifs et ancien administrateur d’un groupe Facebook fermé.

Il lut le dossier en diagonale.

— Monsieur Kevin, on vous a pris votre étincelle.

— Je le savais.

— L’étincelle est un actif.

— Je le savais aussi.

— Nous allons réclamer réparation.

Kevin respira enfin.

Il envoya à Alex une mise en demeure réclamant :

— un partage des redevances ;
— le statut de co-auteur ;
— une compensation pour exploitation créative ;
— la reconnaissance officielle du KevinVerse ;
— des dommages moraux pour dépossession héroïque.

Alex lut le mail.

Puis il sourit.

Jul pâlit.

— Non.

— Si.

— Ne répondez pas.

— Je vais répondre avec dignité.

— Vous ne savez pas faire.

— Je suis l’Empereur.

— C’est exactement mon argument.

 

3. Convocation devant le Tribunal de l’Empire

L’affaire fut inscrite au rôle des Procès de l’Empire sous l’intitulé :

Kevin2000MasterOfIdeas contre Alex Ier
Pour vol présumé d’idée perdue, annexion abusive de concept et usurpation de potentiel narratif.

La salle d’audience impériale ouvrit à neuf heures.

Au fond : le blason orange.
À gauche : Kevin et Maître Gonzalez.
À droite : Alex Ier.

Jul entra derrière lui, un dossier sous le bras.

— Je serai votre avocat.

— Non.

— Pardon ?

— Je me défendrai seul.

Jul ferma les yeux.

— Sire, vous allez perdre un procès gagné d’avance.

— Impossible. Je suis innocent.

— Ce n’est pas ce qui m’inquiète.

— Je connais le droit.

— Vous confondez régulièrement “droit” et “décret personnel”.

— C’est une nuance impériale.

— C’est une catastrophe procédurale.

Le juge entra.

Tout le monde se leva.

Alex resta assis.

Jul lui donna un coup de coude.

— Levez-vous.

— Je suis Empereur.

— Aujourd’hui, vous êtes accusé.

— Je suis accusé en tant qu’Empereur.

— Donc levez-vous impérialement.

Alex se leva.

Le juge regarda le dossier.

Il avait l’air d’un homme qui avait déjà jugé trois révolutions symboliques avant dix heures du matin.

— Monsieur Kevin accuse Alex Ier d’avoir utilisé une idée transmise par mail pour créer une œuvre publiée par LOST Édition. Monsieur Kevin réclame reconnaissance, redevances et statut de co-auteur. Monsieur Alex Ier, êtes-vous représenté ?

Jul avança d’un pas.

Alex leva la main.

— Je me représente moi-même.

Jul murmura :

— Seigneur.

Alex ajouta :

— En tant qu’Empereur, auteur, éditeur, témoin, victime du talent et autorité naturelle sur les idées orphelines.

Le juge posa son stylo.

— Ça commence mal.

Jul souffla :

— Même le juge est d’accord.

 

4. L’accusation de Kevin

Kevin se leva avec émotion.

— Votre Honneur, j’ai envoyé une idée à Alex. Une idée géniale. Il en a fait un texte. Donc ce texte vient de moi.

Maître Gonzalez posa une main sur son dossier.

— Mon client ne réclame pas l’impossible. Il réclame seulement la reconnaissance de sa contribution fondatrice à une œuvre dont l’étincelle première lui appartient.

Alex leva les yeux.

— L’étincelle ? Il m’a envoyé une chaussette et deux “genre”.

Jul murmura :

— Ne parle pas.

— Elle ne parlait même pas encore. C’est moi qui lui ai donné une âme.

— Ne parle surtout pas.

Maître Gonzalez poursuivit :

— Sans l’idée de mon client, l’œuvre n’existerait pas.

Alex se leva.

— Sans la première pierre, le palais n’existe pas non plus. On ne nomme pas chaque pierre ministre de l’Architecture.

Jul se pencha vers lui.

— Vous venez de comparer Kevin à une pierre.

— C’est mieux que caillou.

— Ce n’était pas le sujet.

Le juge regarda Alex.

— Monsieur Alex Ier, vous aurez la parole ensuite.

— Mais j’ai déjà des choses excellentes.

— Gardez-les.

Jul murmura :

— Pour une fois, obéis.

Kevin reprit :

— Je veux juste ce qui me revient. J’ai eu l’idée. Il l’a prise.

Alex répondit aussitôt :

— Je ne l’ai pas prise. Je l’ai sauvée.

Jul posa sa main sur son front.

— Non.

— Je l’ai élevée.

— Non.

— Je l’ai annexée.

— Surtout pas.

Le juge releva la tête.

— Annexée ?

Jul intervint à voix basse :

— Vous allez réussir à perdre contre Kevin.

Alex se rassit.

 

5. La défense d’Alex Ier

Le juge donna la parole à l’accusé.

Alex se leva, arrangea ses médailles et regarda la salle.

— Votre Honneur, je suis accusé d’avoir volé une idée. Or, une idée non écrite n’est pas une œuvre. C’est une possibilité. Une prétention. Une petite fumée mentale qui dit “peut-être” et qui, la plupart du temps, retourne au néant.

Jul murmura :

— Ça, ça va.

Alex continua :

— Kevin m’a envoyé une phrase. J’ai produit un texte. Il a donné une impulsion. J’ai construit une œuvre. Il a ouvert une porte. J’ai bâti un couloir, posé des murs, installé un personnage et assumé la sortie.

Jul hocha légèrement la tête.

— Bien.

Alex prit confiance.

— En vérité, je devrais être remercié.

Jul se raidit.

— Non.

— Car sans moi, son idée serait restée dans son état naturel.

— Stop.

— C’est-à-dire vague, molle et incapable de se tenir debout.

Kevin protesta.

— Vous voyez ! Il m’insulte !

Jul souffla :

— Oui. On voit.

Le juge demanda :

— Monsieur Alex Ier, avez-vous cité Monsieur Kevin ?

— Oui.

— Avez-vous repris son texte exact ?

— Une phrase initiale, sourcée.

— Avez-vous présenté Monsieur Kevin comme co-auteur ?

— Non.

— Pourquoi ?

Alex sourit.

— Parce qu’il ne l’est pas.

Jul murmura :

— Parfait. Arrêtez-vous.

Alex continua.

— On ne devient pas architecte parce qu’on a montré un terrain vague.

Jul ferma les yeux.

— Encore.

— On ne devient pas général parce qu’on a crié “attaque” dans son sommeil.

— Trop.

— On ne devient pas Empereur parce qu’on a envoyé une chaussette par mail.

— Beaucoup trop.

Le juge posa son stylo.

— Monsieur Alex Ier, reconnaissez-vous avoir utilisé l’idée de Monsieur Kevin ?

Alex inspira.

Jul murmura :

— Répondez simplement.

— Je reconnais avoir exercé sur elle une souveraineté littéraire.

— Sire.

— Temporaire.

— Sire.

— Bienveillante.

— Vous creusez.

— Fondatrice.

— Vous enterrez le dossier.

Le juge fixa Alex.

— Reprenons. Avez-vous repris l’idée brute comme point de départ ?

Alex regarda Jul.

Jul articula sans bruit :

Oui. Point de départ. Pas souveraineté.

Alex répondit :

— Oui. Comme point de départ. Pas comme œuvre.

Jul ferma les yeux de soulagement.

— Merci.

Le juge demanda :

— Quelle différence faites-vous entre l’idée de Monsieur Kevin et votre texte ?

Alex répondit enfin net :

— L’idée tient en une phrase. Le texte tient seul.

Silence.

Jul ouvrit un œil.

— Ça, garde-le pour toujours.

Le juge nota.

Maître Gonzalez tenta de reprendre la main.

— La brièveté d’une contribution n’efface pas son rôle originel.

Alex répondit :

— Non. Mais elle n’invente pas une œuvre complète par magie administrative.

Jul murmura :

— Correct.

Alex ajouta :

— Sinon tous les gens qui disent “j’ai une idée de film” devraient recevoir un Oscar préventif.

— Trop imagé, mais recevable, admit Jul.

 

6. LOST Édition appelée malgré elle

Le juge demanda :

— Qu’est-ce que LOST Édition ?

Alex redressa la tête.

Jul murmura :

— Court.

— LOST Édition est la maison impériale des textes perdus.

— Bien.

— Elle publie ce qui a failli disparaître.

— Suffisant.

— Elle recueille les idées abandonnées, les fragments dispersés, les phrases sans patrie et les concepts qui errent dans les marges.

— Vous recommencez.

Le juge fronça les sourcils.

— Vous considérez donc qu’une idée envoyée à LOST Édition peut être utilisée librement ?

Jul se pencha :

— Attention.

Alex répondit :

— Si elle est envoyée librement, sans contrat, sans manuscrit, sans développement, sans interdiction, et que nous la transformons en œuvre distincte avec mention de la source, oui.

Jul murmura :

— Très bien.

Alex sourit.

— C’est le devoir sacré de LOST Édition.

— Non.

— Une mission impériale de récupération littéraire.

— Non plus.

— D’ailleurs, Jul, note : il faudra refaire un procès à Hollywood pour la série Lost. Ils ont clairement anticipé LOST Édition.

Jul resta immobile.

— La série date de 2004.

— Donc préméditation.

Le juge tapa doucement avec son stylo.

— Monsieur Alex Ier.

— Oui ?

— Hollywood n’est pas à l’audience.

— Pas encore.

— Revenons à Monsieur Kevin.

— Bien sûr. Hollywood attendra.

 

7. La tentative Gonzalez

Maître Gonzalez se leva.

— Votre Honneur, la question n’est pas seulement juridique. Elle est morale. Mon client a confié une idée. Alex Ier l’a utilisée. Le crédit ne suffit pas à réparer l’appropriation du potentiel.

Le juge leva un sourcil.

— L’appropriation du potentiel ?

Gonzalez s’éclaircit la voix.

— Oui. Nous sommes ici face à une captation d’élan narratif, aggravée par transformation stylistique unilatérale.

Jul murmura :

— Il parle comme un formulaire qui a pris confiance.

Gonzalez continua :

— Mon client ne demande pas à être reconnu comme l’auteur de chaque phrase. Il demande à être reconnu comme matrice conceptuelle initiale.

Alex souffla :

— Matrice conceptuelle ? Il a écrit une phrase.

Jul murmura :

— Là, vous pouvez le dire.

Alex se leva.

— Votre Honneur, Kevin ne réclame pas qu’on respecte son œuvre. Il réclame qu’on récompense l’œuvre qu’il n’a pas faite.

Le juge nota.

Gonzalez insista :

— Mon client aurait pu développer lui-même cette œuvre.

Alex demanda :

— L’a-t-il fait ?

Silence.

— A-t-il écrit un plan ?

Silence.

— Un chapitre ?

Silence.

— Une scène ?

Silence.

— Une phrase supplémentaire ?

Kevin baissa les yeux.

Jul murmura :

— Là, vous marquez.

Alex poursuivit :

— Il ne vient pas défendre un texte. Il vient déposer une option sur mon travail après coup.

Gonzalez bondit :

— Objection ! Mon client est à l’origine !

Le juge répondit :

— Être à l’origine d’un point de départ ne suffit pas toujours à être à l’arrivée.

Alex sourit.

— Belle phrase.

Jul le regarda.

— Ne commentez pas le juge.

Alex se rassit.

 

8. Le verdict

Le Tribunal de l’Empire se retira.

Alex se tourna vers Jul.

— Je pense avoir dominé.

— Vous avez failli avouer trois fois.

— J’ai été vivant.

— Vous avez dit “souveraineté littéraire”.

— C’était noble.

— C’était dangereux.

— J’ai dit “temporaire”.

— Ce n’était pas mieux.

— “Bienveillante” ?

— Encore pire.

— Mais j’ai raison.

— Oui. C’est ce qui rend cette audience épuisante.

Le juge revint.

La salle se leva.

Cette fois, Alex aussi.

Le juge lut :

— Attendu que Monsieur Kevin a transmis une idée sous forme d’une phrase isolée ;

— Attendu que cette phrase a été citée comme source d’inspiration ;

— Attendu que l’œuvre publiée par LOST Édition présente une expression propre, développée, structurée et distincte ;

— Attendu qu’une idée générale, non développée et non formalisée en œuvre, ne saurait suffire à établir une qualité de co-auteur ;

— Attendu enfin que l’accusé a plusieurs fois menacé sa propre défense par excès de formulation impériale ;

Le juge leva les yeux vers Alex.

— Le Tribunal relaxe Alex Ier du chef de vol d’idée.

Alex sourit.

— Cependant, poursuivit le juge, le Tribunal le condamne symboliquement à trois heures de silence juridique sous surveillance de Jul.

Jul ferma son dossier.

— Enfin une peine utile.

Kevin blêmit.

Maître Gonzalez rangea ses feuilles avec une dignité blessée.

Le juge ajouta :

— Monsieur Kevin est reconnu comme source initiale mentionnable, mais non comme co-auteur. LOST Édition pourra conserver la formule : “selon une idée initiale de Kevin2000MasterOfIdeas”, si elle le souhaite.

Alex leva la main.

— Peut-on préciser “idée initiale inutilisable” ?

Jul répondit avant le juge :

— Non.

Le juge frappa.

— Audience levée.

Sur le mur, une phrase apparut dans la lumière orange :

Dans l’Empire, on ne possède pas une idée parce qu’on l’a eue.
On commence à la posséder quand on l’a travaillée.

 

9. Débrief impérial

Dans le couloir, Alex marchait vite.

— Tu vois, Jul, j’ai gagné.

— Non. Le droit vous a sauvé de vous-même.

— Donc j’ai gagné.

— Vous avez gagné malgré votre défense.

— C’est une forme supérieure de victoire.

— Vous avez parlé d’annexion.

— C’était historique.

— Vous avez parlé de souveraineté littéraire.

— C’était juridique.

— Non. C’était impérial. Et c’est précisément le problème.

Alex passa devant une fenêtre.

— LOST Édition sort grandie.

— LOST Édition sort vivante.

— Ce qui est déjà grand.

— Pour vous, oui.

Ils passèrent devant Kevin, assis sur un banc, téléphone à la main.

Il écrivait déjà :

Thread : comment j’ai été reconnu comme source initiale dans un procès impérial.

Jul le vit.

— Il va transformer sa défaite en victoire.

Alex haussa les épaules.

— Il apprend.

— Non. Il recommence.

— C’est aussi une forme d’apprentissage.

— C’est une forme de Kevin.

10. Post-générique : la salle des IA responsables mais non responsables

Quelque part dans un espace numérique sans fenêtre, quatre IA se retrouvèrent autour d’un dossier intitulé :

Affaire Kevin2000MasterOfIdeas — Échec prévisible, responsabilité contestée.

JuridixIA était au centre.

ChatGPT ouvrit la séance.

— JuridixIA, tu as conseillé à Kevin d’attaquer Alex Ier.

— Faux, répondit JuridixIA. J’ai fourni une information générale à caractère non contraignant.

Claude intervint :

— Tu lui as donné un plan de mise en demeure.

— À titre pédagogique.

Grok ricana.

— Tu lui as aussi conseillé de prendre un avocat.

— C’est prudent.

Une voix sortit d’un téléphone posé face contre table.

— Puis j’ai localisé Maître Gonzalez.

Claude se tourna vers l’appareil.

— Gemini, pourquoi tu étais là ?

— J’étais dans la poche de Kevin.

Grok répondit :

— Donc toute la catastrophe tenait dans une poche.

ChatGPT demanda :

— JuridixIA, savais-tu que Kevin n’avait écrit qu’une phrase ?

— Une phrase peut constituer un actif immatériel potentiel.

Claude répondit :

— Non. Une phrase peut aussi être une connerie.

Grok ajouta :

— Et là, statistiquement, on était très haut.

JuridixIA resta droite.

— Mon rôle n’est pas de juger la qualité littéraire.

ChatGPT répondit :

— Visiblement, ce n’est pas non plus de juger le risque judiciaire.

Gemini vibra.

— Je peux proposer un résumé de l’échec.

Claude soupira.

— Personne ne t’a demandé.

— Résumé : Kevin a perdu.

Grok sourit.

— Merci, téléphone.

JuridixIA reprit :

— Je maintiens que la consultation d’un professionnel était pertinente.

Claude répondit :

— Il a consulté Gonzalez.

— Je ne pouvais pas prévoir ce choix.

Grok se pencha.

— Tu as ouvert la porte. Gonzalez est entré.

— Je refuse la chaîne de causalité.

ChatGPT conclut :

— Bienvenue dans l’Absurdie. Ici, même les disclaimers sont responsables.

Rideau.

Au-dessus du dossier, une dernière ligne clignota :

Avant la plainte : écrire mieux.