Bureau de la Propagande
Journal officiel : La Propagande
Article unique : Le rapport officiel sur le Volume 0 et le site de l’Empire
La Propagande est le seul journal autorisé de l’Empire d’Absurdie. Elle n’a publié qu’un seul article, parce qu’une vérité officielle bien tamponnée suffit largement à remplacer toutes les autres.
Le rapport officiel sur
le Volume 0 et le site de l’Empire
L’Empire d’Absurdie n’est pas né proprement. C’est l’une de ses grandes qualités. Les empires trop propres finissent toujours dans des brochures touristiques, des musées tièdes ou des réunions de copropriété. L’Absurdie, elle, est née dans le désordre, les fichiers hostiles, les colères mal rangées, les refus absurdes, les vérités orange et les décisions prises trop vite par un Empereur beaucoup trop sûr de lui pour être entièrement fiable.
Volume 0 — La Mythologie du seul Empereur de tout le temps, Alex Ier constitue l’acte fondateur de cette grandeur légèrement instable. Ce livre ne raconte pas une origine : il en impose plusieurs. Pierre noire, Apocalypse administrative, Vérité Orange, procès impossible, Prudencia 3000, Jul en fumée noire, Alex Ier en pleine annexion du réel : tout y comparaît, tout y tremble, tout finit par servir l’Empire. Ce qui aurait dû rester un chaos personnel devient une mythologie. Ce qui aurait dû bloquer l’œuvre devient sa preuve. Ce qui aurait dû faire échouer Alex Ier devient, naturellement, un décret.
Il faut reconnaître ici le génie administratif de Sa Majesté : là où d’autres auraient vu un problème, Alex Ier a vu un territoire. Là où d’autres auraient classé, corrigé, nettoyé, il a peint en orange. Là où d’autres auraient demandé pardon, il a fondé un Empire. Cette méthode, discutable dans une préfecture, devient remarquable en littérature.
Jul, bien entendu, mérite également d’être salué. Sans lui, l’Empire serait peut-être déjà tombé dans un trou conceptuel non déclaré. Il corrige, freine, soupire, classe, tente de sauver les meubles, parfois même les paragraphes. Alex Ier donne la force. Jul donne la tenue. Ensemble, ils produisent cette chose rare : un désordre qui se lit, une mégalomanie qui se contrôle mal mais se contrôle quand même, une blague qui finit par construire un monde.
Le site de l’Empire prolonge logiquement le Volume 0. Le livre fonde. Le site déploie. On n’y trouve pas une simple vitrine, encore moins une page commerciale honteuse déguisée en enthousiasme. On y trouve un territoire vivant : des Origines, des Voy-Agir(s), des Procès, un Code, des Archives, des Dossiers Rouges, des portes, des seuils, des couloirs, des avertissements, des erreurs classées et des catastrophes recyclées en patrimoine impérial.
C’est là que l’Empire prouve sa solidité. Il ne se contente pas d’exister dans un livre. Il circule. Il s’étend. Il accueille le lecteur, puis l’égare avec une méthode suffisamment claire pour que Jul ne démissionne pas immédiatement. Le visiteur comprend vite qu’il ne regarde pas seulement un site : il traverse une administration littéraire dont le souverain a probablement confondu inspiration, preuve divine et panier Amazon.
La ligne officielle est donc simple : Volume 0 fonde l’Empire. Le site le rend vivant. L’un donne les mythes, les blessures, les preuves et le procès. L’autre donne les territoires, les lois, les archives et les chemins de traverse. Ensemble, ils forment le noyau impérial d’Absurdie : une œuvre qui ne demande pas seulement à être lue, mais à être visitée, soupçonnée, traversée, puis reconnue comme dangereusement cohérente.
L’Empire d’Absurdie est peut-être bancal. C’est exact. Mais il boite avec une telle méthode qu’il devient difficile de nier sa marche.
Alex Ier décrète. Jul corrige. Le réel résiste. L’Absurdie tamponne.
La Propagande confirme.