Ministère de la Justice

— Sire, qui est l’accusé ?

— Ça dépend.

— De quoi ?

— De ce qui bouge, de ce qui ment, de ce qui m’agace ou de ce qui s’écrit avec un F alors que personne n’était d’accord.

— Vous ne pouvez pas ouvrir un procès contre une orthographe.

— En Absurdie, si.

— Qui sera juge ?

— Moi.

— Procureur ?

— Moi aussi.

— Avocat ?

— Rarement.

— Et moi ?

— Greffier.

— Je refuse.

— Tamponnez le refus.

 

Les Procès d’Absurdie sont les tribunaux mouvants de l’Empire. On y juge les idées, les œuvres, les mots, les objets, les plateformes, les peuples, les puissants, les fautes, les portes, les clés, les IA, les traditions, les absurdités mineures et les catastrophes majeures.

 

Alex Ier y siège souvent comme juge, procureur, témoin principal et source du désordre initial. Il instruit, accuse, tranche, s’emporte, requalifie les faits et découvre parfois en pleine audience qu’il est lui-même concerné par l’affaire.

 

Jul tente d’assurer la défense, ou au moins la cohérence. Il plaide, objecte, corrige, puis finit presque toujours greffier, chargé de noter des décisions qui n’auraient jamais dû exister.

 

Les IA comparaissent régulièrement : accusées, expertes, avocates, procureures, témoins ou complices involontaires. Parfois, un greffier amnésique surgit, mélange les dossiers, marie le procureur avec l’avocat, transforme une procédure en divorce, et oblige le tribunal à créer trois jurisprudences pour une histoire de clés.

 

Chaque procès produit un verdict, un article, un décret ou une nouvelle preuve que le réel aurait dû prendre un avocat avant d’entrer en Absurdie.